Un plan immense sur la mer, une femme qui se baigne et un hélicoptère qui survole la baie brésilienne… Je suis toujours là débute dans une apparente tranquillité, comme les prémices de vacances estivale. Treize ans après le très médiocre Sur la route, adaptation d’un roman sur la beat generation signé Jack Kerouac, Walter Salles revient avec un drame historique au cœur du Brésil des années 1970, nation gangrénée par la dictature militaire. Le réalisateur choisit ainsi de se concentrer sur l’histoire vraie de la famille Paiva, fratrie soudée et heureuse qui coule des jours paisibles jusqu’à l’arrestation soudaine de Rubens, le père ingénieur et ancien député. À partir de cet instant, la vie bascule, le doute s’installe et son épouse Eunice Paiva se mue en une véritable combattante à la recherche de la vérité.
Une histoire vraie
Je suis toujours là est l’adaptation d’un livre écrit par Marcelo Rubens Paiva et paru en 2015 sous son titre brésilien Ainda Estou Aqui. Ainsi, le petit dernier de la fratrie Paiva se penche sur le parcours de sa mère, Eunice Paiva et revient sur l’arrestation de son père Rubens Paiva par les autorités régionales en 1971. Véritable témoignage de la dictature militaire, l’auteur évoque les massacres perpétrés à l’encontre des opposant·es au régime tout en insistant sur la volonté de cacher ses disparitions. Dans une interview pour Metrópoles, Marcelo Rubens Paiva confiait : “La littérature a un rôle à remplir. La littérature est le témoignage des vaincus. Et c’est nous, les vaincus des années 70, qui donnons notre version des faits et à travers elle, les jeunes tentent de découvrir l’histoire du pays”.
Traduit dans plusieurs langues, l’ouvrage a été remarqué par le réalisateur brésilien Walter Salles, un habitué des adaptations (Sur la route de Jack Kerouac en 2012 ou encore Carnets de voyages en 2003). Il reprend alors en 2024, le récit de la famille Paiva accompagné d’un casting incroyable et d’un scénario écrit avec Murilo Hauser et Heitor Lorega. Résultat ? 3 millions d’entrées au Brésil transformant Je suis toujours là en un véritable phénomène, qu’il est aujourd’hui possible de découvrir dans les salles françaises.