Emilia Pérez s'impose comme le grand gagnant des Golden Globes 2025

Le cinquième jour de la 77ème édition du Festival de Cannes faisait la part belle aux films musicaux. Avant Emilia Pérez, c’était la comédie survoltée et délicieusement kitsch d’Alexis Langlois, Les Reines du drame, que l’on a savourée depuis l’espace Miramar, dédié aux jeunes créations de la Semaine de la Critique. À peine la séance achevée, on court le long de la Croisette, les chansons de Mimi Madamour en tête, pour se faufiler à temps dans la file pour la projection du nouveau film de Jacques Audiard. Sans surprise, un nuage de cinéphiles attend déjà à l’entrée, impatients de découvrir le dernier coup de folie du cinéaste français. En effet, dire que l’intrigue d’Emilia Pérez est étonnante serait un euphémisme. Annonçant une comédie musicale sur fond de trafics de drogue et transition de genre, Jacques Audiard prévoyait au pire un film inhabituel et, au mieux, une œuvre extraordinaire. Les 2 heures de visionnage ont aidé à trancher : Emilia Pérez est aussi fantasque que fantastique. Aujourd’hui, ce sont quatre prix aux Golden Globes 2025 qui achève de le prouver : meilleure chanson originale pour “El Mal”, meilleure actrice dans un second rôle pour Zoe Saldaña, meilleur film étranger et meilleur film musical.

© Shanna Besson – PAGE 114 – WHY NOT PRODUCTIONS – PATHÉ FILMS – FRANCE 2 CINÉMA

Emilia Pérez ou la plus folle entreprise de Jacques Audiard

Les films de Jacques Audiard naviguent dans un univers sombre, angoissant même, mais toujours à la lisière de l’onirisme. Connu pour avoir réalisé Un prophète (2009) ou De rouille et d’os (2012), le Français revient cette année avec un projet fictif abracadabrant : retracer l’histoire de l’un des narcotrafiquants les plus recherchés du Mexique au moment où celui-ci décide de finir sa transition. Après sa plongée en noir et blanc dans le XIIIème arrondissement de Paris dans Les Olympiades (2021), Jacques Audiard retrouve Thomas Bidegain pour l’écriture de ce nouveau long-métrage, son second tourné en anglais, après le western Les Frères Sisters en 2018.

Le récit commence sur Zoé Saldaña (Avatar, Les Gardiens de la galaxie), géniale dans la peau de Rita, une avocate précaire dont les talents sont utilisés pour blanchir des criminels. Et même là, ce n’est pas elle qui les défend, mais un patron méprisable qui ne fait que réciter les notes qu’elle lui a livrées sur un plateau. Une véritable “bouffonnerie”, murmure-t-elle pour elle-même, avant que l’alarme de son téléphone ne l’extrait de ses pensées. À l’autre bout de l’appareil, une voix masculine a une proposition a lui faire pour qu’elle puisse enfin être reconnue à sa juste valeur et, par la même occasion, s’enrichir. Le rendez-vous est donné, Rita part attendre son mystérieux interlocuteur dehors quand soudain, elle se fait enlever. On la retrouve quelques secondes plus tard, confrontée à un baron de cartel prénommé Manitas (interprété par l’actrice trans espagnole Karla Sofía Gascón) qui aurait pu être totalement terrifiant s’il n’avait pas fait preuve d’une touchante sincérité en avouant d’emblée les raisons de son kidnapping. “Je veux être une femme”, révèle-t-il. Si Rita ne comprend pas immédiatement pourquoi il a besoin d’elle pour y parvenir, celui-ci lui explique qu’il compte sur elle pour trouver le chirurgien qui acceptera de l’opérer sans rien savoir de son identité – sans quoi il risquerait d’être dénoncé aux autorités. Mais ce n’est pas tout, Rita doit également s’occuper d’éloigner sa femme Jessi (Selena Gomez) et ses deux enfants du Mexique, où Manitas apprendra à embrasser sa nouvelle vie de femme.

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