“Conclave” s'impose comme le meilleur film des BAFTA 2025

Adapté du thriller éponyme du romancier britannique Robert Harris pour le grand écran par Peter Straughan (nommé à l’Oscar pour le scénario du film d’espionnage La Taupe), Conclave plonge le spectateur dans les hautes sphères de l’Église catholique au moment de l’élection d’un pape, soit un univers ultra-conservateur où rares sont ceux qui ont pu s’y aventurer. “C’est l’un des secrets les mieux gardés au monde”, explique le réalisateur Edward Berger dans ses notes de production. Pour mettre en scène une telle ambition, il glisse sa caméra dans ce cénacle, totalement coupé du reste du monde, pour en explorer le mode de fonctionnement. Réuni au creux de la Chapelle Sixtine sous les directives du cardinal Lawrence, doyen du Collège des Cardinaux, ce dernier devient au fil des séquences le réceptacle de tous les rituels et manigances possibles. À mesure que le long-métrage avance, les visages sombres des cardinaux s’apparentent en effet davantage à ceux d’hommes politiques que d’hommes d’église. Il faut dire qu’un conclave a un très fort potentiel dramaturgique. Entre idéalisme et corruption, intégrité et compromis, c’est un véritable jeu de pouvoir qui s’instaure devant nos yeux ébahis par l’envergure des événements. “Jamais personne n’était parvenu à approcher d’aussi près la réalité d’un conclave”, avoue Berger. De quoi titiller la curiosité des cinéphiles – du public comme des membres de l’organisation des Oscars.

© Focus Features / Courtesy Everett Collection

Réunion autour de l’élection d’un nouveau souverain pontifical

Les films sur la papauté sont une véritable mine d’or pour l’Académie. La recette du succès ? Des intrigues passionnantes dans un environnement sanctifié hors du commun, des légendes du cinéma qui s’échangent des messes basses dans des habits de cérémonie somptueux et, bien sûr, une dose de réflexions pertinentes sur l’évolution du rôle de la religion dans la société contemporaine. En 2019, Fernando Meirelles nous avait montré à quel point cette formule pouvait s’avérer délicieuse avec Les deux Papes, une œuvre captivante menée par Jonathan Pryce et Anthony Hopkins. En interrogeant les dynamiques ecclésiastiques avec esprit et humour, le long-métrage avait galvanisé le public comme la critique, avant d’obtenir trois nominations aux Oscars dans la foulée. Cinq ans plus tard, le cinéaste primé Edward Berger (Oscar du meilleur film étranger pour À l’Ouest, rien de nouveau en 2023) se penche à son tour sur l’avenir de la papauté et se hisse au centre des pourparlers quant à de futures statuettes dorées.

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Selena Gomez dans Emilia Pérez

Conclave s’ouvre ainsi sur la fin d’une époque : au cœur du Vatican, on apprend que le pape est mort. Les cardinaux se rassemblent autour de lui et les premières inquiétudes s’échappent des couloirs assourdissants : dès que la nouvelle sera connue, elle déclenchera une bataille sans merci entre les chefs religieux du monde entier. Immédiatement appelés à se rassembler pour désigner un successeur, ces derniers ne tardent pas à faire émerger leurs candidats favoris : le cardinal Bellini, un Américain aux idées bien arrêtées, le cardinal Adeyemi, un populiste nigérian charismatique et ultra-conservateur, le cardinal Tremblay, un Canadien plus modéré, et enfin le cardinal Tedesco, un Italien traditionaliste et réactionnaire. Parmi eux, le discret cardinal Lawrence est chargé de veiller au bon déroulement du conclave. Mais c’était sans compter l’arrivée inattendue à Rome d’un ecclésiastique mexicain qui s’avère être très proche du défunt pape – et qui commence à façonner cette course impitoyable vers le pouvoir de manière tout à fait surprenante.

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