Après les phénomènes du Barbiecore et du Oppenheimercore observés en 2023, l’année 2024 s’est également vue offrir de grands moments de mode sur le grand écran. Et il suffit de regarder les sorties cinématographiques d’Outre-Atlantique pour savoir que cela se prolongera les semaines à venir (je pense évidemment à Maria, de Pablo Larraín, avec Angelina Jolie dans le rôle de la diva, mais aussi au très attendu La Chambre d’à côté, qui nous plongera dans l’univers tout en couleurs de Pedro Almodóvar ou encore à Un parfait inconnu, de James Mangold, qui dressera un aperçu de la garde-robe du génie de la folk Bob Dylan). En attendant de les découvrir, Vogue France passe en revue les instants de mode ayant créé l’événement dans les salles obscures et au-delà durant l’année écoulée.
La robe de mariée de Cailey Spaeny dans Priscilla
Si Priscilla ouvrait assez tôt la marche des plus beaux films de 2024, c’est en partie grâce à ses costumes. Le film respecte non seulement l’atmosphère feutrée de sa réalisatrice, Sofia Coppola, mais aussi les tenues de l’ex-épouse du King. Nous avons immédiatement reconnu les coiffures volumineuses et les longs traits d’eyeliner emblématiques de Priscilla Presley (interprétée par Cailee Spaeny), mais également quelques silhouettes historiques : le gros nœud blanc porté par la jeune femme à l’aéroport de Francfort avant le départ de son amant en 1960, son look post-partum, son bandeau fleuri ou bien l’ensemble violet choisi pour le Thanksgiving de 1970. Mais c’est encore la robe portée pour son mariage avec Elvis, à Las Vegas, qui nous a le plus éblouis. Il faut dire que Sofia Coppola a ajouté de la dentelle à la robe d’origine, pour un rendu qui rappelle inévitablement les sœurs Lisbon de Virgin Suicides. L’actrice pomponnée pour l’occasion portait également une tiare surplombée d’un voile. Sublime.
© Philippe Le Sourd / ARP Distribution
Les costumes surréalistes de Pauvres créatures
Les costumes de Pauvres Créatures sont aussi exaltants que sa mise en scène. Surréaliste et profondément loufoque, ce long-métrage revient sur le destin contrarié d’un personnage pour le moins étrange : Bella Baxter, une jeune femme dont le cerveau a été remplacé par celui d’un nourrisson. Une condition reflétée par ses silhouettes au fil du film de Yórgos Lánthimos, lauréat du Lion d’or lors de la Mostra de Venise 2023. Après avoir été soumise à une transplantation menée par le Dr Godwin Baxter (Willem Dafoe), Bella doit apprendre à marcher et arbore des tenues choisies par ses tuteurs, comme des nuisettes, des culottes bouffantes au style victorien et des chemises de nuit. Puis, ayant pris de l’âge, elle découvre sa sexualité… Et tout change. L’image en noir et blanc laisse place à des couleurs luxuriantes. La protagoniste peut enfin s’habiller comme elle l’entend : elle associe des jupes diaphanes à des vestes en soie, des imperméables jaunes et des chemisiers couleur chair. Ses tenues se cessent de changer et miroitent ses obsessions du moment, que ce soit la philosophie, la politique, le sexe ou la médecine.