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Du parasocial au storytelling anonyme
Dans les années 1950, les scientifiques Donald Horton et Richard Wohl théorisent une sorte « d’intimité à distance » aujourd’hui bien connue : la relation parasociale. Ils décrivent alors une proximité que les téléspectateurs entretiennent avec les animateurs et journalistes, reprise en psychologie contemporaine pour définir cette même proximité à sens unique avec les célébrités et influenceurs. Une illusion de relation amicale provoquée par des mises en scènes similaires à celles expérimentées par les abonnés, comme le fait d’enfiler une tenue le matin en se demandant si le pull bleu ira mieux avec ce pantalon que le pull rouge. Derrière note écran, comment résoudre ce même dilemme ? En allant voir sur le profil de la célébrité ce qu’elle aurait fait. En essayant de deviner ce qui l’a faite opter pour tel vêtement et non tel autre. « Aujourd’hui, il y a cette quête de contrôle de son image pour développer la meilleure version de soi-même via la beauté, le sport, l’alimentation, la culture, la mode, analyse Perrine Deprez. La jeune génération a donc besoin de savoir quelle est l’intention cachée derrière chaque vêtement créé dans l’espoir de contrôler tout ce que le vêtement acheté pourrait signifier de soi et malgré soi. » En résumé, les jeunes consommateurs de mode voient dans la psychologie de la mode un moyen de toujours plus contrôler une image qu’ils calquent sur des modèles et personnalités célèbres. Mais, comme le précise le psychologue Pierre de Bérail dans sa thèse consacrée aux youtubeurs, la relation parasociale n’est pas automatiquement pathologique. Cependant, elle révèle toujours un besoin d’appartenance. Par l’analyse vestimentaire, on peut ainsi légitimer des points communs avec les personnes (célèbres) auxquelles on s’identifie.
Sommes-nous vraiment ce que l’on porte ? Une question que l’on ne résoudra jamais, tant notre garde-robe est constitutive de notre identité en même temps qu’elle est le résultat de phénomènes externes qui jalonnent notre vie et celles des autres. Mais, à l’heure du village numérique global, la psychologie de la mode a ceci de réconfortant qu’elle laisse penser que le mystère humain peut être percé. Bien sûr, elle donne également une importance supplémentaire à la mode, un sentiment de renouveau si chère à son éco-système. Or, ce que rappelle avant tout l’engouement pour le décryptage psychologique du vêtement, c’est la tendance sociale contemporaine à revendiquer son individualité. En prenant conscience de nos choix vestimentaires chaque matin tout en les confortant aux choix des autres, on s’affirme autant que l’on se démarque. La nuance entre sociologie et psychologie de la mode se résume à un dilemme d’une grande modernité : celui de l’individuel face au collectif.
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