En octobre 2024, Sebastian Stan devient Donald Trump dans The Apprentice. D’aucuns le connaissent pour son rôle de Carter Baizen dans Gossip Girl. D’autres, pour celui du soldat de l’hiver dans les productions Marvel. Mais ces derniers temps, l’acteur américain, d’origine roumaine, s’est aventuré vers des fictions plus indépendantes, qui jettent sur sa carrière une lumière nouvelle. Au Festival du film américain de Deauville, il venait présenter A Different Man de Aaron Schimberg, dans lequel il joue Edward, un jeune acteur handicapé qui décide de changer d’aspect pour, le croit-il alors, améliorer sa vie. Au contraire, cette transformation signe le début de sa chute. Un rôle d’antagoniste tel qu’il en a longtemps incarné sur nos écrans, et qu’il poursuit dans The Apprentice, présenté en mai 2024 au Festival de Cannes, et réalisé par le cinéaste Ali Abbasi. Autant d’éléments qui nous donnaient envie d’échanger avec le comédien de 42 ans lors de son passage en Normandie, où il s’est trouvé sacré d’un prix de la Révélation. Comme la preuve du nouveau tournant pris dans sa carrière, aujourd’hui considérée par les tenants du cinéma européen, peut-être, confessons-le, plus snobs que leurs compatriotes américains.
© Metro Films
Vogue. Gossip Girl, The Apprentice, A Different Man ou même Captain America : Le Soldat de l’hiver… votre filmographie pullule d’antagonistes !
Sebastian Stan. Beaucoup de choses sont venues à moi, d’autres rôles, c’est moi qui les ai poursuivis. Ce dont je suis certain, c’est que je n’ai jamais voulu un seul type de rôle. Je n’irai pas jusqu’à dire que je refuse les rôles de héros plus traditionnels, que je trouve également très intéressants, voire difficiles à certains égards. Mais c’est vrai, j’ai toujours été curieux à l’idée de jouer des personnages complexes, bourrés de défauts. Parfois, ce sont les antagonistes. Souvent même ! Ce qui m’intéresse dans la nature humaine, c’est la dualité. Nous pouvons être extrêmement bons les uns envers les autres, comme nous pouvons devenir affreusement mauvais. La vie est plus complexe que ça, il n’y a pas les gentils d’un côté, et les méchants de l’autre. Chacun d’entre nous est capable du meilleur comme du pire. Les antagonistes, dans mes films, offraient un grand potentiel de jeu que j’ai aimé explorer.
Même Edward, votre personnage dans A Different Man, semble rongé par l’envie.