Matrix : que nous dit la mode dans la saga culte ?

Tout commence par un long manteau en cuir. Non, en fait, tout commence par une paire de lunettes de soleil rectangulaires. Attendez, non : tout commence par la couleur noire. Quand on pense à Matrix, c’est un look entier qui vient en tête, et non pas un simple élément détaché. Ce sont les silhouettes de Neo et Trinity, incarnés par Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss, qui hantent après le premier visionnage du film sorti en 1999, à l’aube du nouveau millénaire, et qui restent imprégnées en nous, vingt-cinq ans plus tard. Comment est né ce style devenu culte, et surtout, comment expliquer son succès pérenne ? Alors que Matrix est diffusé sur TFX ce soir, à partir de 21h05, Vogue revient sur le phénomène.

Matrix, un défi pour la conception des costumes

Pour rendre à César ce qui est à César, il faut citer Kym Barrett, qui imagine les costumes des trois premiers films de la saga Matrix, sortis entre 1999 et 2003. Plus que de simples costumes, elle invente des looks devenus des signatures, qui parachèvent le monde virtuel conçu par les sœurs Wachowski. Car c’est bien là le premier défi auquel la costumière fait face : l’univers de Matrix est scindé en deux mondes, deux univers parallèles. La matrice, et le réel, bien plus poisseux et criant de désespoir. Par le vêtement, il faut donc accompagner les spectateur·ices, et les aider à comprendre où ils se trouvent, en permanence. Le scénario est bien assez complexe ainsi, il ne s’agit pas de rendre les audiences plus confuses qu’elles ne le sont déjà. “Honnêtement, la mode était la dernière chose que j’avais en tête” confie Barrett au magazine Fashionista, vingt ans après la sortie du premier long-métrage.

En outre, la photographie de Matrix, que l’on doit à Bill Pope, est extrêmement sombre. Le public doit être capable de reconnaître chaque personnage, jusque dans les séquences les plus difficiles à suivre. Pour ce faire, Kym Barrett joue avec les matières et les textures, à commencer par le cuir et le vinyle. Inspirées par certaines robes traditionnelles chinoises ou par celles que porte le clergé, les silhouettes de Neo et Trinity doivent incarner un nouveau genre de super héros. Si Kym Barrett n’a jamais cité le créateur japonais parmi ses influences, il est plaisant d’imaginer que les lignes de Yohji Yamamoto font partie des points de départ des costumes de Matrix. Entre ses looks androgynes et l’omniprésence de la couleur noire, sa patte transpire dans toutes les tenues du film. Ainsi, les manteaux portés par les protagonistes du film ne sont pas sans rappeler certaines pièces de la collection prêt-à-porter automne de l’année 1995. Plus de vingt ans plus tard, Lindsay Pugh, la costumière de Matrix Resurrections (le 4ème film de la saga), clôt ce cercle en s’inspirant elle-même du créateur japonais, afin de poursuivre l’esthétique mise en place par Kym Barrett.

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